PRESSE

Published on mars th, 2014

Quelques articles qui trainent…

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Didier Super traite la betise à la tronçonneuse

Critique :

Mercredi, le mechant clown chanteur a deverse son petit theatre charognard sur la scene du Casino Theatre. Ambiance.

 

Genève, le 22 mars 2017. Concert de Didier Super au Casino Théâtre lors du Festival Voix de Fête. Photo: Magali Girardin.

Voix de Fête, Casino Théâtre, mercredi, 21 h 30. Le rideau s’écarte. La purge commence. On a tous un peu de Didier Super qui sommeille en nous. De la méchanceté à revendre, de la haine inassouvie. Du moins, voilà ce qu’il y a dans le miroir que tend au public le chanteur français. Un clown plutôt, en ce qui concerne son dernier spectacle, Ta vie sera plus moche que la mienne. Des poupées gonflables pour faire dialoguer le juif et le musulman, des faux seins pour faire la parturiente, des petits noirs affamés découpés dans du papier, et pire encore.

«Bonjour, toi! Mais qu’est-ce t’es moche!» Ça a démarré ainsi, dans une sorte de stand up en logorrhée continue, un excès amenant l’autre, le trop plein en guise de règle, la dérision en guise d’arme absolue. Droit dans le mille, droit dans la bêtise. C’est le ton badin, jeté, abruti, dégoulinant de bêtise, qui nourrit la dramaturgie. Voilà un petit conte acidulé, l’histoire de Ludovic, qui reçoit un jour ce mail de Monique Ledoux, cancéreuse en phase terminale, riche de «sept cents mille milliards de dollars américains gardé dans une banque du Burkina Faso». Trente ans après Michel Leeb, Didier Super ose le pseudo accent africain. «Ce spectacle devient consternant.»

Didier Super, c’est ce petit théâtre charognard, une heure de racisme débridé, de xénophobie décomplexée, de violence verbale, de mauvaise foi. Affreux reflet balancé sans façon dans la gueule de l’auditoire, dont l’un des nombreux climax (on ne sait plus trop où va la pièce, tant il y en a dans l’indigeste volontaire) consiste à foncer sur le public, masque de guenon sur la tête, tronçonneuse vrombissant dans les mains. Et le Casino Théâtre, débordant de toutes part, qui rit et rit encore.

Ils font des «oooh», des «aaah», s’offusquent avec délectation, s’esclaffent de plus belle. Surtout, évidemment, lorsque Didier Super s’en prend au voisin de siège, expiateur éphémère sacrifié en guise de spectateur générique. «Il y a des violeurs dans la salle? Sur 500 personnes, il doit forcément y avoir quatre ou cinq violeurs… Tiens, toi, t’a une belle gueule de taulard!» Ah, les salauds!

De l’outrance, de l’outrage, voilà qui détonne dans le paysage. Encore faut-il qu’il y ait du public. Tout ou presque est plein en ce début de festival. Qui sont-ils, ces spectateurs se baladant du Chat Noir à l’Usine, ces gens qu’on a vu mercredi pénétrer gaillardement le Casino Théâtre? Du public de Didier Super, une majorité connaissait déjà le coquin. Ils ont 40 ans, 50 ans, semblables en âge aux fans de Katerine, lundi à l’Alhambra. Vous avez aimé, Madame? «Oh, putain, j’adore!» (TDG)

Créé: 23.03.2017, 13h57

Outreau: Esther Rada et Didier Super ont enflamme le Phenix

PUBLIÉ LE 16/07/2015

PIERRE-ANTOINE

Lors de la présentation du Festival de la Côte d’Opale, Patrick Dréhan nous avait promis de l’ambiance. On n’en espérait pas tant. Mercredi soir, Esther Rada et Didier Super, chacun dans leur style, ont fait vibrer les spectateurs.

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Qui aurait pu croire que le spectacle de Didier Super se terminerait sur la place Léon-Blum ? Avec lui, on s’attendait à tout, sauf à ça. Après 1 h 20 de chants, de sketchs et de rires, l’artiste quitte la scène. La salle entière est debout et réclame le retour de Didier Super. Celui-ci s’exécute, se pose sur une chaise et meuble. Jusqu’à cette phrase : « Allez, on va finir le concert dehors. » L’acteur-chanteur part en tête, derrière lui la foule, et s’installe sur la place pour interpréter quatre chansons supplémentaires. Didier Super, c’est ça.

De l’inattendu, beaucoup d’humour, de blagues grinçantes et de dérision, qui séduisent le public. Outreau a eu droit à quelques réflexions : « TF1 a eu beau vous faire de la pub, il n’y a toujours aucun touriste. » Durant son spectacle, il a réglé les problèmes de la faim dans le monde, de la violence et résolu la guerre au Moyen-Orient. Rien que ça. Le public est conquis.

Il faut dire qu’il est arrivé dans une salle chauffée à bloc par la séduisante Ester Rada. La chanteuse israélienne a fait chanter, sauter et danser la salle avec ses musiques qui sentent le soleil. Quelques mots en français par-ci par-là, de grands sourires et des pas de danse avec ses musiciens, Ester Rada a propagé sa bonne humeur à tout le public, qui après 50 minutes n’était toujours pas rassasié et en a redemandé. Nul doute que cette soirée restera l’une des meilleures de ce « FCO » 2015.  

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culture au theatre de la mediatheque samedi soir. Didier Super, un humour corrosif

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Pour sa troisième venue à Freyming-Merlebach au théâtre de L@ Médiathèque, Didier Super a une fois encore frappé fort. Outrancier, toujours sans concession, l’humoriste au look déjanté alterne les personnages de Ludovic, un jeune « ni beau ni riche qui du coup ne peut pas se taper de meuf », et celui d’une bonne fée (une poupée gonflable…) qui va faire en sorte de le rendre milliardaire. Condition sine qua non, le garçon devra employer cette somme pour « servir les œuvres de Jésus ». Parodie trash de conte de fées pour adultes très avertis, Ta vie sera plus moche que la mienne amène Didier Super sur les sentiers de sa guerre à la bien-pensance. Et c’est cet humour abrupt qui réussit une fois encore cet exploit improbable de nous mettre tous à égalité en nous stigmatisant à outrance. Prenant à partie des personnes du public, dénonçant clichés et idées reçues avec une féroce ironie, Didier suscite les rires. Là encore, pas à un paradoxe près, ce qui pourrait sembler grossier relève plutôt d’une vraie finesse d’esprit dans le satirique.

Chômage, racisme, pédophilie, tiers-monde, autant de thèmes abordés de façons diverses et entrecoupées de ritournelles corrosives.

1 h 20 de « bordel » organisé que le public salue chaudement, réclamant un rappel qui durera près d’une demi-heure sous forme de pseudo-conférence.

Ce qui n’empêchera pas l’artiste d’offrir encore un peu de sa présence avec un public indéniablement conquis.

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 Didier Super secoue le theatre du familistere de Guise

Avec son spectacle Ta vie sera plus moche que la mienne, Didier Super, va loin, très loin.

Par L’union | 

Un spectacle gentiment dérangeant.

Un spectacle gentiment dérangeant

 

Avec son spectacle Ta vie sera plus moche que la mienne, Didier Super, va loin, très loin, comme le prouvent ces quelques phrases qui ont bien plu au public, rassemblé samedi soir au théâtre du Familistère : « Quand tu habites à Guise, soit t’es chômeur, soit t’es le maire… On est quand même dans la ville du premier logement social »« De toute façon si le spectacle ne vous plaît pas, vous ne serez pas remboursés j’ai mon toit à refaire » ou encore « C’est la première fois que je joue dans un théâtre… de pauvres, parce que les théâtres de riches ne veulent pas de moi ».

Venu en nombre, au théâtre du Familistère, le public a apprécié le spectacle, comme l’ont prouvé les nombreux applaudissements.

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L’impertinent Didier Super a secoue Fontanges, dimanche

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Didier Super se délecte lorsqu’il jette, sans ménagement?: «?Jésus, c’est le barbu maigrichon dont le cadavre est affiché dans les églises et pendu au cou des vieilles dames.?»? - Photo Pascale poujols
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Didier Super se délecte lorsqu’il jette, sans ménagement?: «?Jésus, c’est le barbu maigrichon dont le cadavre est affiché dans les églises et pendu au cou des vieilles dames.?»? – Photo Pascale poujols
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Dans un délire absolu, le nordiste a présenté son dernier spectacle, dimanche soir, au château de Lamargé, à Fontanges, devant près de 260 spectateurs.

 

Et paf ! L’humour cynique de Didier Super a encore frappé. Le titre de son one-man-show, Ta vie sera plus moche que la mienne, plante tout de suite le décor.

La bedaine et la provoc’en avant, Didier Super, alias Youpi le clown, raconte l’histoire de Ludovic, un jeune au physique peu attirant et, qui plus est, au chômage. Bref, il est en galère. Il croise la route d’une bonne fée, représentée sous les traits d’une poupée gonflable aux seins exacerbés. Celle-ci lui offre l’opportunité de changer sa vie. Pour ce faire, le jeune homme se voit offrir une très grosse somme d’argent. Le bienfaiteur pose une seule condition : utiliser cet argent pour servir les ‘uvres de Jésus. C’est à ce moment-là que tout part en vrille : sa générosité envers les uns et les autres l’emmènent à déclencher toute sorte de conflits et de guerres à travers la planète… la fin du monde est proche !

La parodie trash du conte de fée laisse défiler une quinzaine de personnages qui brossent un portrait franchement satirique mais terriblement drôle du monde actuel.

L’humoriste Didier Super affectionne toujours autant le « politiquement incorrect » et tout le monde en a pris pour son grade : les femmes seraient, par exemple, responsables du chômage et les « vieux » à l’origine de la crise économique. Le public a aussi largement fait les frais de l’extravagance et de l’insolence de l’artiste. Il n’hésite pas à se moquer âprement du physique des spectateurs tout en lançant un « Oh ça va, ça fait 2.000 ans que tu nous emmerdes ! » aux cloches de l’église retentissant dans le village de Fontanges.

Didier Super manie le second degré – et plus si affinité – avec une certaine habileté. À coup d’insultes cinglantes et de critiques croustillantes, il s’est attiré fatalement les applaudissements chaleureux du public… à l’unanimité.

Laetitia Estève-Vermeil

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Indre-et-Loire - Azay-sur-Cher – Azay-sur-cher
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Le phenomene Didier Super

12/06/2015 05:27
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Didier Super en princesse.

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Oh la vilaine fée !

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Vendredi 5 juin, Didier Super était l’invité de la Touline d’Azay-sur-Cher et de la mairie de Montlouis, en partenariat. Le spectacle a eu lieu à l’espace Ligéria, devant environ 500 personnes, quand l’organisation avait tablé sur 400.

Le show a lui aussi dépassé les bornes. C’est ce que tout le monde attendait. Didier Super, le personnage de scène, héritier de Reiser, a toutes les audaces (vestimentaire, verbale, gestuelle), pour faire rire avec ses outrances d’affreux jojo. Sosie de Bidochon au nez de clown pour la narration, il devient fée mal fagotée et mauvaise conseillère d’un spectateur (fictif ?), faire-valoir de la soirée. Il caricature un écolo niais, un parvenu bête et vaniteux… Il joue, et bien !
Les soi-disant « vannes pourries » ne lui font pas peur, l’usage du coussin péteur non plus ! La salle rit aux éclats. Car il est en représentation et le fait même savoir à ceux qui n’y auraient pas pensé. Son personnage de théâtre est rabelaisien, fou du roi, il peut tout dire. Il ne s’en prive pas, au-delà d’une pantalonnade de surface. La satire est toujours présente sous les pitreries : contre les idées reçues, qu’il massacre joyeusement ; contre les « bonnes actions » qui donnent si facilement bonne conscience ; contre l’hypocrisie, l’égocentrisme, la politique dévoyée.. Mais il n’est pas donneur de leçons. Il a choisi l’humour vache, le rire sans complexe, la dérision (aussi envers lui-même), et ça marche. Le public en redemande. « Ah oui, mais alors là, c’est du bénévolat, dit-il. Vous avez envie, vous, de faire des heures sup’ gratuites ? » Acclamations pour l’artiste.

 

Le comédien etait sur la scene du theatre de la Carrosserie Mesnier

 

. Didier Super dans son personnage de Ludovic. - LAVALETTE Dominique.
Didier Super dans son personnage de Ludovic. – LAVALETTE Dominique

Avoir le sens de l’humour et la compréhension du second, voire du troisième degré, était une condition sine qua non, pour assister, vendredi soir à la Carrosserie Mesnier, au spectacle de Didier Super.

Des contes en apparence loufoques, qui abordent tous les sujets qui fâchent et dont l’enveloppe extérieure peut éventuellement choquer les non-avertis, mais derrière lesquels l’artiste sert des états d’âmes, profonds, tantôt aigres, tantôt douloureux, qui ne laissent personne indifférent.

Une performance d’artiste saluée par le publicCeux qui n’aimaient pas le genre sont certainement restés chez eux et ceux qui ne connaissaient pas Ludovic, le personnage interprété par Didier Super, ont découvert le monde actuel au travers de ses yeux acérés et de ses mots d’humour.

La salle était comble et les applaudissements ont salué la performance d’artiste.

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un truc où les SUISSES en disent du bien :
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Et là truc où la télé publique française dit du bien :
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Didier Super

Le 5 mars dernier, Didier Super présentait son spectacle « Ta vie sera plus moche que la mienne » au Centre Culturel de Chênée. Derrière une affiche clownesque, notre rédacteur a découvert un humoriste au talent énorme.

Didier Super

 

Dans la vie, il y a parfois de grandes performances qui se jouent à deux pas de chez vous sans que vous le sachiez. Un futur grand peintre qui expose au coin de la rue, un groupe qui fait une première partie lors d’un petit concert et qui finira en tête des charts, les frères Dardenne qui tournent leur prochaine Palme d’or dans la cité d’à côté. Mercredi passé, le Centre Culturel de Chênée accueillait un artiste de cette trempe. Et le public prévenu ne s’est pas trompé puisque sans promotion réelle – ni du centre culturel, ni de la presse – la salle affichait complet.

Didier Super, on le connait un peu de nom.  On a vu passer quelques vidéos sur le net où il nous livre quelques chansons aux textes potaches (« Petit Caniche, Peluche pour Vieux »), mais c’est un spectacle complet et non un concert qui nous attend. Dès le début, une voix off nous demande de ne pas filmer afin de ne pas mettre les images sur internet et permettre à l’artiste – non pas de pouvoir gagner sa vie comme on pourrait s’y attendre – mais de faire les mêmes feintes en faisant croire qu’il venait de les inventer. Le décor est planté.

Suicide-toi, suicide-toi. La vie c’est comme l’excision, tout le monde peut pas y prendre du plaisir.

Le Français de 40 ans arrive avec un nez de clown et commence son show qui nous rappelle un spectacle pour enfants. « Si t’étais venu pour un concert, tu vas être déçu » glisse-t-il entre deux répliques. Didier nous raconte l’histoire de Ludovic, un jeune occidental mal dans sa peau qui va gagner une énorme somme d’argent avec laquelle il va tenter de faire le bien autour de lui. Malgré ses bonnes intentions, l’aventure s’avère cauchemardesque : il donne de l’argent à une bande de SDF sortis de prison, qui en profitent pour acheter de la drogue et en meurent. Du coup, il décide d’améliorer les conditions d’incarcération pour éviter les problèmes de toxicomanie mais, comme les prisons deviennent géniales, tous les criminels y restent et les policiers sont mis au chômage. Et ainsi de suite.

Ce qui est raciste, c’est de tuer les noirs. Les laisser crever de faim, on peut. D’ailleurs, si on voulait vraiment, ce sera déjà réglé, cette histoire !

Tout y passe : les féministes, les catholiques, les Juifs, les bobos, les musulmans, la famine, les punks à chiens, la malbouffe, la pédophilie, les Chinois, le suicide, dans des sketchs et chansons souvent décalés, parfois obscènes, toujours drôles. Le public rit énormément et de bon cœur. La force de cet artiste est l’absence d’idéologie dans son spectacle. Son seul fil rouge est de nous montrer que le monde est compliqué, que tout est une question de point de vue, de causes, de conséquences et que l’Enfer est pavé de bonnes intentions. Il dénonce la bien-pensante, la simplification et la polarisation des idées dans notre société.

Dieudonné, celui qui se prend pour Gandhi avec ses places à 40 euros.

J’arrête l’analyse ici parce que ce c’est typiquement le genre de « branlette » qui ferait bien marrer le Didier. Il est venu, il a fait rire, il est reparti : c’est à ça que se résume sa vie. Il n’a pas besoin de plus. Il n’aime pas les médias, il n’aime pas non plus son public ou alors il prend un malin plaisir à le mettre mal à l’aise. Lorsque, pendant le rappel, un spectateur réclame « J’en ai rien à foutre », il se contentera de lui répondre : « Hey grand t’en as eu pour ton argent, maintenant je fais ce que je veux… ».

Surtout, il continue !

A.S.

 

On a vu à Caen. Gloire à la pertinente impertinence de Didier Super !

Mondeville - 
Didier Super tape sur tout le monde, public compris, et ça fait un bien fou. | DR
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Un passage chez mermet (sympathique !) :

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Un an après avoir déjà secoué le public, Didier Super a une nouvelle fois cassé les codes et la baraque avec son nouveau spectacle à Mondeville-sur-Rire, vendredi.

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Dans l’absolu, ce nouveau one-man-show intitulé « Ta vie sera plus moche que la mienne » est destiné aux enfants. La preuve, il y avait bien une petite fille au premier rang parmi les 350 personnes présentes… Didier Super demande à celle-ci en hurlant de s’asseoir. Puis, il prend gentiment des nouvelles d’un handicapé : « Oh ça roule pas mieux depuis l’année dernière toi ! »

Alternant avec brio, mais dans un chaos indescriptible, des personnages, des airs, et des situations extrêmes, le Nordiste a encore réussi le tour de force de faire rimer « pires atrocités » avec « pur pied ». Vendredi soir, le public du festival Mondeville-sur-Rire a en effet vécu pendant une heure et demi un de ces vrais bons plaisirs coupables, devenus trop rares dans notre société trop souvent coincée et aseptisée.

Demoniaque, mais imparable

Les juifs, les chrétiens, les musulmans, le capitalisme, les femmes de joie, la prison, le viol, le sida, la famine, tous ces thèmes peu légers, parfois tabous, sont ici maltraités avec un bon sens démoniaque imparable. Des mots plus justes que la voix du comédien-chanteur, de la folie, une poésie très personnelle. On quitte une telle expérience sonné, mais heureux, et paradoxalement moins idiot.

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Wattrelos: «Ta vie sera plus moche que la mienne», le spectacle drole et dejanté de Didier Super

PUBLIÉ LE 12/02/2014

RABAH GHOUL (CLP)

Subversif et mordant, Didier Super a déroulé son spectacle avec une prestance sur scène digne de sa réputation de show man mal lavé. « Ta vie sera plus moche que la mienne », à mi-chemin entre le one man show et le concert, raconte l’histoire de Ludovic, qui, après avoir reçu un mail de Monique Ledoux, du Burkina Faso, se retrouve, malgré lui, avec une grosse somme d’argent. La contrepartie, servir les autres, à l’instar de Jésus. De ses pérégrinations, on retiendra que « la prison est une belle grande maison où il y a plus de monde que ce qu’avaient prévu les architectes. » Généreux, Ludovic a réglé le problème de la faim dans le monde mais estime que « le racisme, c’est quand on bute les noirs mais pas quand on les laisse crever de faim. » Pourfendeur du politiquement correct, Didier Super a, sans le citer, épinglé le pouvoir exécutif : « le bon plan, c’est la politique, le super-plan, c’est président de la République ». Un coup de griffe au mouvement féministe Femen, un autre aux agriculteurs qui « veulent du bio mais ne sont pas logiques », personne n’a été épargné. Même pas le public de la BAM. Passé maître dans l’art de la provocation, l’humoriste a lancé : « Quand on habite Wattrelos, c’est qu’on est résigné ». Vous l’aurez compris, tout au long du spectacle, il fallait bien sûr être en mode troisième degré, celui qui brûle le plus.

 

SPECTACLE. Didier Super « allume » l’Amuserie

Photo Philippe Gavillet
Photo Philippe Gavillet

 

On a rarement vu autant de gens faire la queue pendant une heure pour venir se faire apostropher par un olibrius provocateur dont la santé mentale apparaît plus que jamais sujette à caution. C’est cependant ce qui s’est passé vendredi soir à l’Amuserie où les candidats à une chaise étaient bien plus nombreux que la grosse centaine de privilégiés qui ont réussi à pénétrer le saint des saints pour entendre des horreurs et se faire administrer une onction délirante et politiquement incorrecte par le superman de la vanne qui tue, Didier Super.

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    Publie le   - 

    Le retour décapant  de Didier Super à Hyères - 25058416.jpg
    Didier Super.

    Les fans de Didier Super en rient encore…  En concert au théâtre Denis à Hyères, le chanteur le plus décapant de la scène française s’est retrouvé nez à nez avec le curé de l’église Saint-Louis.

    L’artiste iconoclaste, auteur notamment du « Club des Catholiques »,  offrait à ses fans un petit « after » en plein air, lorsque le religieux est venu s’enquérir du bruit perturbant la veillée pascale.

    Les deux hommes ont échangé quelques mots, provoquant l’hilarité de l’assistance.« Très réussi, le costume », a finalement lancé Didier Super, ravi ce cette rencontre presque trop belle pour être vraie.

    La vidéo de notre journaliste (et fan) Jean-Marc Vincenti :

  • Mercredi 26 mars @ Diapason


    C’est la semaine du festival Un des Sens sur le campus Beaulieu, et les étudiants de l’INSA nous ont concocté une programmation éclectique pour cette 10ème édition   : animations sur le campus, théâtre, spectacles, concerts et même un repas dans le noir. Ce mercredi c’est en direction du Diapason que l’on se dirige, Didier Super y donne son dernier spectacle   : ta vie sera plus moche que la mienne.

     

    Est-il besoin de rappeler qui est Didier Super   ? Chanteur, comédien, artiste de la provoc’ et «   grande vedette   » selon ses dires, vous avez forcement déjà entendu ses titres Petit caniche ou Les enfants faut les brûler. Pourtant au risque de décevoir ses «   fans à la con   » Didier Super ne chante plus les titres qui ont fait son succès. Après avoir écumé les festivals pendant des années il squatte maintenant les planches des théâtres.

    Nous prenons donc place dans les gradins du Diapason. La salle est pleine, ça discute, alors que les derniers arrivants cherchent tant bien que mal une place où s’asseoir. Le noir se fait dans la salle, Didier monte sur scène. Dans ce spectacle il va nous raconter l’histoire de Ludovic, un jeune homme triste dont la vie n’a aucun intérêt. «   Et soudain   » -ce sera le gimmick du spectacle- une fée arrive et exauce son souhait de devenir riche. Rapidement Ludovic reçoit une forte somme d’argent d’une certaine Mme Ledoux du Burkina Fasso avec l’obligation de l’utiliser pour perpétuer l’œuvre de Jésus.

     

     

    Voilà le point de départ du conte trash que nous raconte Didier Super. A partir de là Ludovic va connaître un enchaînement de péripéties que nous ne raconterons pas ici pour ne pas spoiler le spectacle. D’ailleurs l’histoire n’est qu’un prétexte à un enchaînement de scènes où l’artiste incarne différents personnages et pousse la chansonnette. Didier Super ne faillit pas à sa réputation, il est particulièrement ignoble, rit de tout et de tout le monde, personne n’est épargné et surtout pas le politiquement correct. Le public lui même est régulièrement pris à parti et raillé par l’artiste.

     

     

    Dans la salle ça rigole dur, «   il y va fort quand même!   » entend-t-on entre deux éclats de rire. Mais on sent parfois une gêne s’installer quand il plonge trop dans le mauvais goût ou s’attaque à des sujets plus sensibles pour certains. Au niveau de la mise en scène on se rend vite compte que Didier Super vient du spectacle de rue : il interagit avec le public, joue tous les rôles, raconte son histoire avec un matériel sommaire et quelques déguisements. Avec peu il réussit à rendre son spectacle très dynamique et pas un temps mort ne vient en casser le rythme !

     

    Quand finalement la lumière se rallume la scène est un véritable champ de bataille, des débris du spectacle gisent de toutes parts. Si le choix de se tourner vers le spectacle plus théâtral peut décevoir les fans du chanteur, on se dit que cette formule correspond mieux à son humour, plus trash que jamais. Cependant l’artiste précise tout de même, lors d’un questions-réponses avec le public en fin de spectacle, que Didier Super n’est qu’un personnage et qu’il faut le prendre comme tel. La question à laquelle il ne répond pas c’est celle qu’on retrouve sur toute les lèvres à la sortie de la salle   : a-t-on assisté à une satire acide du monde qui nous entoure ou seulement à un étalage d’humour de mauvais goût, chacun y apportera sa propre réponse, l’artiste lui, laisse le doute subsister.

     

     

     

  • Presse : Le bon humour


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presse : Ta vie sera plus moche que la mienne

didier super telerama.

 

france inter avril 2017  :

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France info avril 2017 : 

.http://www.franceinfo.fr/emission/tout-et-son-contraire/2015-2016/didier-super-j-ai-fait-chanter-des-femmes-voilees-le-coran-c-est-moins-bien-que-la

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Causeur-mois de septembre

 

Didier Super, artiste degage

Entretien avec un chanteur underground

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 22 septembre 2015 à 11:00 / Culture Politique Société

didier super guignols dieudonne

Avertissement : Certains lecteurs à cheval sur l’étiquette s’étonneront peut-être du ton inhabituellement familier de cet entretien. Qu’ils sachent qu’avec Didier Super, le tutoiement est obligatoire et la tenue débraillée exigée. 

Propos recueillis par Daoud Boughezala

Causeur. Cet été, la direction de Canal+ nous a offert un feuilleton pas piqué des vers. Sitôt que la rumeur a couru que Vincent Bolloré voulait évincer Les Guignols de la grille de rentrée, tous les politiques ont dénoncé une odieuse censure et ont finalement obtenu leur maintien à l’antenne en crypté. Que t’inspire le sauvetage des Guignols par ceux qu’ils sont censés épingler ?

Didier Super. Déjà, si Bolloré choisit de rendre payante une émission qui remporte un tel succès en « gratuit », cela correspond à une certaine philosophie de la vie ! Quant au petit monde de la politique, apparaître aux Guignols permet des petits coups de pub tout en restant éventuellement à la maison à faire des crêpes : pour être élu, peu importent tes idées, tes opinions, il faut passer à la télé, point barre. C’est même pire que ça, si tu fais de la politique et que t’as pas ta marionnette, t’es un plouc ! De là à s’insurger contre une atteinte à la liberté d’expression… Je ne pense pas que les marionnettes fassent grand mal à nos politicards. Par contre, elles sont symboliquement importantes en ce qu’elles portent l’illusion d’une liberté d’expression démocratique.

Autrement dit, on nage en pleine subversion autorisée ! Et les humoristes appointés par France Inter représentent-ils une sorte de comique d’État ? 

J’écoute assez peu les humoristes à la radio, la vie est trop courte pour passer du temps à ça, mais je suis certain qu’un humoriste réellement dérangeant risque de beaucoup galérer à trouver du boulot sur une « radio d’État » ! Ce qui ne veut pas dire que tous les humoristes qui n’y passent pas aient le talent de la subversion !

J’ai la nette impression que l’humour tendance Canal ou France Inter s’en prend aux cibles les plus faciles : l’Église catholique, Nadine Morano, Le Pen, les méchants racistes. Toi-même, ne sombres-tu pas dans la facilité lorsque tu traites les curés de pédophiles ?

Je me trompe peut-être, mais il me semble que ces cibles marketing dont tu parles ne représentent qu’une partie de mon gagne-pain. D’ailleurs, si je me cantonnais uniquement à celles-ci, commercialement, ce serait sans doute un meilleur calcul pour ma carrière, faut que j’y réfléchisse !

Mais je ne vais quand même pas me priver d’aborder les relations sexuelles ecclésiastiques de peur de passer pour un artiste « convenu » auprès de l’intelligentsia parisienne. Si un sujet me touche, je l’aborde uniquement parce que j’en ai envie. D’autant plus qu’aujourd’hui encore, des gamins se font bousiller le trou de balle parce que nos curés n’ont toujours pas le droit de se vider légalement les couilles, c’est-à-dire de se marier, et ce depuis des siècles et des siècles (amen !). Tout ça pour quoi ? Pour qu’ils n’aient pas de descendance. Ainsi, à chaque curé qui décède, c’est maman l’Église qui hérite ! Ça n’est qu’une théorie, mais elle me plaît. Ceci dit, il ne faut surtout pas se prendre pour un héros en mettant ces choses-là sur le tapis. Ça fait du bien, mais ça ne mérite pas autant d’applaudissements !

La preuve, nous sommes à la communauté chrétienne œcuménique de Taizé, à quelques kilomètres du Creusot où tu as chanté hier. Bien qu’entouré de croyants, tu peux dauber tranquillement sur la religion, ce qui ne serait pas forcément possible à la sortie d’une synagogue ou d’une mosquée. Tu m’as dit avoir filmé un ami qui se promenait avec Charlie Hebdo sous le bras dans un quartier musulman d’Inde. N’est-il pas beaucoup plus courageux que toi ?

Je ne sais pas si ce serait si compliqué de faire ce qu’on fait là devant une mosquée ou une synagogue, il faut essayer, je te trouve plein de préjugés. Après, si je devais citer les artistes à côté desquels je trouve que je suis un lâche, je pense que la liste serait longue, et celui-ci en ferait partie.

Tu sais, plein de fois, on m’a promis le casse-pipe, par exemple quand je suis allé faire mon spectacle à l’Institut français de Casablanca, et qu’il a fallu faire chanter « Le Coran c’est moins bien que la Bible » à des femmes voilées. Ou la fois où je me suis rendu en Nouvelle-Calédonie, chez les Kanaks, alors que je venais de recevoir plusieurs centaines de menaces de mort à cause d’une vidéo de « promotion » sur fond de bananes et de singes !

En Inde, avec ce même copain, on a demandé à des barbus comment enfiler une burqa. Jusqu’à ce que l’un d’eux nous fasse une démonstration. Eh ben, bizarrement, on est toujours vivants ! Et à Sète, on s’est amusés à faire une partie de pétanque avec trois copines habillées en burqa pour scruter les réactions des gens.

… mouais, histoire de titiller les autochtones chauffés à blanc contre l’islam et l’immigration plutôt que de tester la tolérance des banlieues ou des bourgeois de gauche ?

Et alors ? C’est intéressant de titiller l’autochtone pétanquiste du sud de la France ! Outre le côté amusant qu’il y a à observer les visages circonspects d’une population honnête et droite qui assiste à une partie de pétanque entre trois nénettes en burqas noires et un pauvre con, je trouve ça chouette de montrer le racisme de base dans sa fragilité et sa sensibilité. Il serait temps qu’on arrête d’avoir peur de cette population aux opinions livrées en kit par ses écrans plats. On a simplement affaire à des gentils pauvres cons en manque de câlins paternels et qui n’ont jamais eu la chance d’apprendre que, quand on rencontre des difficultés dans la vie, il faut d’abord s’en prendre à soi-même… Après, le jour où j’aurai une bonne idée à filmer à Villiers-le-Bel, il faudra bien trouver une solution… mais heureusement, j’en ai pas !

Et chanter « Les Arabes, c’est comme les lesbiennes et les drogués, les romanos, comme les artistes et les putes (…). Y en a des bien » lors de grands barnums antiracistes, n’est-ce pas une façon de te la jouer rebelle alors que tu grattes dans le sens du poil ? 

Tu penses que je devrais être plus sélectif quant aux endroits dignes de mon art ou pas ? Belle mentalité ! Je mets toujours un point d’honneur à préciser, aux organisateurs en amont du concert et au public une fois sur scène, que si je suis là, c’est avant tout pour ma promotion, et je remercie toujours la cause à combattre car, sans elle, le spectacle n’aurait jamais lieu. Ça s’appelle de la conscience professionnelle !

Si dans ce genre d’événements certains artistes confondent démagogie et héroïsme, c’est leur problème. À Paris, j’ai participé à un concert antiraciste qui, au fil de l’après-midi, a gentiment viré au racisme antiblanc. C’est mignon, c’est pas abouti, ça cherche… Malgré tout, j’aurais eu plus de mal à offrir mon soutien à des rassemblements néonazis.

Sans aller jusque-là, avec ton habituel sens de la provoc, irais-tu chanter un couplet gauchiste dans un grand barnum organisé par l’UMP ou quelque autre mouvement de droite ?

Je pense que mon métier d’artiste s’exerce le mieux partout où il y a des pauvres cons. Je crains que les endroits que tu cites n’en soient pas dépourvus. Comme dit ma mère : « Les gens qui aiment tes spectacles, c’est grâce à eux que tu bouffes, et ceux que ça fait gueuler, c’est à eux que ça profite le plus ; au moins ils s’en souviennent longtemps, et en plus, ça leur fait un sujet de conversation ! »

Serais-tu prêt à jouer dans une ville FN ?

Bien sûr que j’irais jouer dans une ville FN, qu’est-ce que c’est que ce racisme !? Je joue bien déjà dans des villes PS !

Et tu te fais inviter par la CGT. Tu as beau essayer de t’en défaire, l’étiquette « degôche » te colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock…

Qu’on soit clair, je suis intermittent du spectacle, et un intermittent, c’est un chômeur, et un chômeur, c’est de gauche. Par contre, si le chômeur gagne au loto (parce qu’on sait qu’il ne retrouvera jamais de boulot), il passe à droite. Le même chômeur, boulot ou pas, s’il se fait cambrioler deux fois, passera à l’extrême droite. C’est le plus souvent notre contexte qui fait nos opinions. Donc, forcément, j’ai plus de sympathie pour la CGT que pour le Medef. Ça ne m’a pas empêché ce jour-là de demander en arrivant sur scène : « Ici, c’est le FN ou la CGT ? Parce que je fais les deux sur deux jours d’affilée et je ne sais plus… » On ne peut pas dire que cette représentation pour la CGT de Belfort fut une réussite idéologique, donc… mission accomplie !

As-tu conclu de tes mésaventures que le militant, de quelque bord que ce soit, était hermétique au second degré – pour ne pas dire limité… ? 

J’ai été moi-même militant en 2003, lors des premiers mouvements d’intermittents du spectacle. J’ai fini par me sentir comme un témoin de Jéhovah, à essayer de convaincre le monde, à commencer par moi-même. Dans ces moments-là, t’es tellement concentré à essayer de comprendre ce que tu dis qu’il n’y a plus de place pour le second degré. On ne peut pas faire de raccourci en allant jusqu’à dire, comme le professeur Choron, que les militants sont tous des cons, mais bon… (rires)

J’ai découvert une vidéo dans laquelle tu chantes « Petit anarchiste, casse-couilles pour vieux (…) un jour toi aussi t’auras des poils » devant un public de jeunes punks à chiens. De même, il paraît que des skins se glissent parfois dans ton auditoire. Qu’y a-t-il de pire : être applaudi par des demeurés racistes ou par des demeurés antiracistes ?

Bah ! Avec ou sans cheveux, un mongol reste un mongol ! Ce qui me désole vraiment, c’est quand en plus ils arrivent à ne pas payer leur place ! Plus sérieusement, je me fous de savoir qui j’ai en face de moi. L’essentiel, c’est que le public ne ressorte pas de la salle dans le même état qu’il y est rentré. Généralement, le punk à chien ressort en me traitant de facho et le skinhead de gauchiste.

Puisqu’on parle de militants endoctrinés, il en est de particulièrement virulents : les dieudonnistes. Ces derniers ont essayé de te récupérer en diffusant l’une de tes saillies contre les antifas. En dehors de toute considération politique, que penses-tu du comique Dieudonné ?

Il y a quelques années, j’aimais bien l’idée que Dieudonné fasse parrainer sa fille par Le Pen et réponde avec beaucoup de finesse, quand on lui demandait si cette histoire était vraie : « Est-ce qu’un magicien dévoile ses tours ? » Se limiter à gueuler contre Dieudonné en criant « Dieudonné, il est pote avec Le Pen ! », cela manquait un peu de profondeur. Lorsque j’ai appris que, sans me demander mon avis, Dieudonné avait utilisé le texte d’une de mes chansons – Rêve d’un monde – aux européennes de 2009, je n’ai pas réagi car je m’entretenais encore dans l’illusion que sa liste « antisioniste » était une blague. Après l’affaire Clément Méric, Dieudonné a réalisé un entretien avec le skinhead Serge Ayoub, champion de France de ratonnade, auquel il a serré la main en lui disant : « On a le même ennemi. » Le tout se termine par un morceau d’entretien où je critique les antifas. Le souci, c’est qu’ils ont omis de laisser le petit moment où je donne mon point de vue sur le skin de base d’extrême droite. Forcément, j’ai râlé ! Aujourd’hui, j’ai l’impression que Dieudonné adopte un discours volontairement flou à la manière d’un horoscope, histoire de ratisser large et ainsi de remplir ses Zénith à 43 euros la place.

À quel moment as-tu désespéré de Dieudonné ? Lorsqu’il a remis le prix de l’infréquentabilité à Faurisson ?

Je n’ai ni espéré ni désespéré de Dieudonné. Disons que je lui accordais le bénéfice du doute. En 2007, il avait lancé : « Vous diabolisez Le Pen mais vous allez élire Sarkozy », une phrase sur laquelle je me disais qu’il fallait méditer. Un jour, je suis allé écouter pendant une heure ce qu’avait à dire Faurisson et je l’ai trouvé d’assez mauvaise foi et pas très rigolo. Or, l’humour est souvent une preuve d’intelligence.

Sans mauvais jeu de mots, Dieudonné a-t-il tué l’humour noir par ses sorties antisémites à la ville ? J’imagine mal le célèbre sketch de Desproges sur les Juifs passer aujourd’hui sans que les associations antiracistes réclament un nouveau procès de Nuremberg…

Desproges, s’il était encore en vie aujourd’hui, pourrait peut-être se permettre de garder le même ton. Son esthétique verbale sans faille a su crédibiliser son mauvais esprit auprès du boboïsme façon Télérama. C’est peut-être ça qui l’a tué, d’ailleurs. Néanmoins, il aurait sans doute du mal à démarrer sa carrière aujourd’hui. Je peux témoigner que dans certains de mes spectacles, que j’essaie pourtant de monter avec clarté et ce que je peux d’intelligence, j’ai eu des alertes, parce qu’à certains moments je prononçais le mot « juif ». Des gens de Radio Shalom sont même venus vérifier mes intentions au Point-Virgule. Résultat : ils sont restés pour me dire merci. Ouf ! Comme quoi… !

Cela te rend-il optimiste quant à l’avenir de l’humour français ?

L’humour français de qualité existe. Seulement, on ne le montre pas dans les médias puisqu’il n’a rien à vendre. Je pense à des gens comme la Compagnie Cacahuète, Arnaud Aymard, Guy Zollkau du Théâtre de Caniveau, Seb Barrier, les Qualité Street, Freddy Coudboul, Jackie Star, Fred Tousch, Maria Dolores, Bonobo Twist, les Tapas, Raymond Raymondson, Filloque, Le Bestiaire à pampilles, j’en passe, et des dizaines d’autres aux propositions artistiques singulières et très drôles. Il faut les classer dans la catégorie « ARTISTE », à ne pas confondre avec « VEDETTE ». L’un puise son inspiration dans le cosmos. Pour l’autre, l’inspiration est commandée par l’industrie. L’un n’aura pas d’autre ambition que de transformer un bout de trottoir en théâtre. L’autre ambitionne de se faire construire une piscine. L’un bouscule volontairement les gens par amour. L’autre recherche l’amour des gens pour exister, tout en étant capable de les détester !

Avec un peu de cynisme, on pourrait te répliquer que le carriérisme et la cupidité à la ville n’empêchent pas d’être désopilant sur scène. 

Je te laisse avec tes goûts ! Je dis juste que quand on monte sur scène avec l’ambition de faire une belle carrière, il vaut mieux aborder des thèmes comme le GPS, les émissions de téléréalité ou le gros cul de ma voisine belge. Un spectacle qui « bouscule » n’a presque plus sa place dans le paysage culturel institutionnel, alors que c’est là qu’il devrait précisément se trouver. Aujourd’hui, il est plus facile de diffuser du divertissement (Les homos préfèrent les blondesMa coloc est une garce, etc.) ou alors de la « grande culture ». Je pense aux spectacles vus au « in » d’Avignon que le festivalier applaudira debout de peur de passer pour un idiot pour n’avoir rien compris à la pièce – et pour cause, y a rien à comprendre, c’est du contemporain, donc potentiellement de l’escroquerie. Picasso aura fait des petits dans ce domaine !

Laisse Picasso tranquille ! Que pensent les cultureux de tes propres impostures ? 

Des journalistes et des programmateurs culturels assistent régulièrement et gratuitement à mes représentations. Généralement, ils s’amusent. Pas tous, heureusement pour la France, certains d’entre eux ont du goût ! Mais souvent, j’ai droit au couplet : « Moi je peux comprendre, mais mon public, mes lecteurs, je ne garantis pas… »

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Didier Super, rien a foutre

Le Courrier – Vendredi 31 mars 2017

Didier Super fait de son théâtre de guignol un jeu de massacre jubilatoire.
JEAN-PATRICK DI SILVESTRO

Au dernier festival Voix de Fête, l’humoriste et chanteur a dézingué à tout-va, à droite comme à gauche. Le bon goût, connaît pas. Le racisme, il préfère en rire que le dénoncer.

«Bon, y a quoi comme saloperie à raconter sur Genève?» Cueilli à froid, on oriente notre interlocuteur sur le MCG, son leader gominé déchu, sa surenchère anti-frontaliers; ça amuse beaucoup Didier Super qui connaît déjà l’UDC («le FN a copié ses affiches anti-musulmans»).

L’humoriste et chanteur français était de passage la semaine dernière au festival Voix de Fête avec son one-man-show Ta vie sera plus moche que la mienne. L’histoire d’un chômeur qui rencontre une fée. Short troué, t-shirt moulant trop court et bedaine à l’air, lunettes sales, nez rouge et béret franchouillard, Didier Super fait de son théâtre de guignol un jeu de massacre jubilatoire, passant au vitriol (et à la tronçonneuse) les travers d’une humanité en déroute.

Punk zonard voleur de chiens dans les teknivals, raciste braillard invectivant «Taubira la guenon», beauf brandissant son McDo en se moquant des «bouffeurs de graines programmateurs de festivals»… Didier Super incarne tous les rôles, surtout les pires, pour susciter l’inconfort. Ses outrances tiennent de Coluche, Hara-Kiri et Groland, sainte-­trinité bête et méchante.

«Mes références», concède l’intéressé peu avant de monter sur scène… ou plutôt démonter la scène. Sans-dents destroy, il n’oublie pas la guerre en Syrie, le conflit israélo-palestinien, le Vatican et les garagistes qui prospèrent sur l’ignorance, et la faim dans le monde, objet d’une sinistre animation de photos géantes d’enfants africains ­affamés. La presse satirique ne montrait pas autre chose il y a trente ou quarante ans. Le public s’esclaffe et en redemande.

Comédien en BMX

On n’a pas fini de se poiler sur «La droite et la gauche», chansonnette qui renvoie dos à dos droite décomplexée et gauche bisounours à coup de rimes ­foireuses. Alors, Didier Super, de droite ou de gauche? «Bah… si t’es de droite ou de gauche, en tant que Français, t’es forcément de droite.» Olivier Haudegond, de son vrai nom, a la répartie qui fuse. En interview, il hésite entre sérieux et dérision. La faute à Didier, son personnage créé il y a quinze ans pour dire les pires horreurs avec un sourire niais. En brouillant les repères: «Est-ce que c’est être de gauche ou de droite que de dire qu’il y a des problèmes sociaux, économiques et environnementaux? C’est juste être conscient.»

La présidentielle ne lui inspire rien. «On pourra commencer à parler de démocratie quand on accordera à l’abstention l’importance qu’elle mérite.» L’engagement, très peu pour lui. «Voter, aujourd’hui, c’est comme jouer aux poker avec des gens qui connaissent ton jeu. Autant rester couché.» L’accent du Nord comme marqueur d’origine sociale – Douai pour être précis: «Je suis né dans une ville bourgeoise, j’ai quitté une ville sinistrée.» Il dit être venu à la scène «par l’échec scolaire. Si j’avais eu des bonnes notes, je ne serais pas artiste.» Son premier métier, qu’il exerce toujours, est comédien… en BMX. Après Voix de Fête, il s’envole pour le festival Zank’Art de Casablanca avec son duo de ­cascadeurs humoristiques Les Têtes de Vainqueurs. La quarantaine entamée, est-ce bien ­raisonnable? «Ça commence à craindre un peu (rires), j’ai failli me faire un fémur l’autre jour en descendant une vallée.»

Dans un coin du cerveau

Issu d’un groupe amateur (Zeu Discomobile) qui reprenait à la sauce punk des succès français, Didier Super se destinait au ­circuit du théâtre de rue: «Un milieu très cul-culturel. Les ­programmateurs ont été un peu effrayés.» On est en 2002, l’internet balbutiant lui assure le buzz et très vite, une maison de disques, V2, lui fait du pied: «Une aspirante major qui n’a pas réussi à le devenir et s’est fait bouffer par Universal…» Vaut mieux en rire que s’en foutre sort en 2004, avec «Marre des pauvres», «Petit ­caniche, peluche pour vieux» ou «On va tous crever».

«Je voulais écrire des conneries pour faire marrer les gens et c’est ce qui est sorti», résume le chanteur. «Je ne dénonce pas de manière énervée, je dis aux gens des choses qu’ils savent déjà et qui se cachent dans un coin de leur cerveau. Visiblement, c’est efficace.» Accoucheur d’idées noires, chatouilleur des bassesses ordinaires. «Taper sur l’homophobie, le ­racisme, l’antisémitisme, il faut le faire sans émotion. Sinon on devient didactique, on pense à la place des gens et les gens ­n’attendent que ça.»

Rire du racisme

L’humour douteux peut avoir des conséquences imprévues. Il a par exemple fallu «recadrer» Dieudonné: «A la fin d’une ­interview en vidéo de Serge Ayoub, alias Batskin, ancien champion de France des ratonnades, Dieudonné avait récupéré des propos tronqués où je me moquais des antiracistes. Venant d’un type qui dénonce les manipulations médiatiques, j’ai trouvé ça gros et j’ai répondu. J’ai eu des kilomètres d’insultes de la Dieudosphère et même quelques menaces de mort…»

Son dernier album, Vacances à vos frais (2016) a été enregistré au Vanuatu avec un groupe du cru (The Aro String Band). «J’avais joué à l’Alliance française devant un public de Blancs, un fiasco total. Mais l’organisateur m’a branché sur la scène locale.» En 2012, l’humoriste faisait déjà salle comble à Nouméa… sur un malentendu. «Ma vidéo de présentation avec des Kanaks, des singes et des ­bananes a fait scandale. Les indépendantistes étaient furieux, le festival a été suspendu. Ça a ouvert un dialogue et quand ils ont compris mon propos, ça s’est calmé et tout s’est bien passé. On ne combat pas le racisme en disant que c’est mal, mais en montrant sa bêtise.»

Un scoop: Didier Super bosse ses textes à fond. «Je suis très cérébral. Des fois c’est bon, des fois pas. Ce qui compte c’est d’y aller. Quand on parle des juifs, on fait gaffe parce qu’on a droit à un seul essai (rires). Mais je n’ai jamais eu de problème de ce côté­-là. Et j’ai réussi à faire chanter à des femmes voilées ‘le Coran c’est moins bien que la Bible’!»

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  • Inrocks.tv

Didier Super s’invite chez Cedric Herrou, “le celebre trafiquant de migrants”

le 23 mars 2017 à 15:08

L’auteur-chansonnier de Misère Joyeuse et J’en ai rien à foutre n’a pas égaré sa verve désinvolte. Dans cette vidéo parodique partagée sur sa page Facebook, Didier Super s’affiche aux côtés de Cédric Herrou. Oui, l’agriculteur de la vallée de la Roya, militant menacé début janvier à huit mois de sursis pour avoir aidé des migrants, finalement condamné par le tribunal correctionnel de Nice à verser trois mille euros. A travers ce faux clip, nous découvrons sous fond de David & Jonathan son curieux camping, déserté par l’élite, “pas tout à fait aux normes françaises“, entre les caravanes, les migrants, les “poules bio” qui caquettent et “les CRS, qui viennent casser du nègre comme à la bonne vieille époque“.

Vous l’aurez compris, le traitement réservé à l’accueil des migrants par la justice et les politiciens prend la forme d’une dénonciation plutôt trash. Sans détour, la satire est ironiquement dédiée “à messieurs Ciotti et Estrosi, aux gendarmes, douaniers et CRS des Alpes Maritimes, aux migrants, aux passeurs de migrants, aux responsables des guerres aux pays des migrants“. Le message est passé.

 

Libération-

Carrément méchant

CHRISTOPHE AYAD 
Carrément méchant
Carrément méchant (Mathieu Zazzo)

PORTRAIT

Didier Super. Les antidiktats (9/9). A rebours de la bienséance, le chanteur-sniper étrille cathos, musulmans, juifs, pauvres, chiens…

D’abord, c’est pas Didier, c’est Olivier. Olivier Haudegond, alias Didier Super, 37 ans. L’auteur du «plus mauvais disque du monde et de tous les temps», dixit Télérama. C’était son premier album, Vaut mieux en rire que s’en foutre, et quand on a l’esprit un peu tordu, le fait que le temple du bon goût affuble l’énergumène d’un rarissime «canon» – l’équivalent inversé des quatre arpèges – donne évidemment envie d’aller y voir de plus près. On eut l’impression de retrouver la claque reçue, adolescent, en découvrant Bérurier Noir et les Sex Pistols. L’impression aussi de ne pas avoir entendu quelque chose d’aussi méchant depuis Pierre Desproges, ni d’aussi faux depuis la voix de Johnny Rotten.

Didier Super tire sur tout ce qui bouge : les handicapés, les enfants, les curés, les pédophiles, les curés pédophiles, cathos, musulmans et juifs, les fonctionnaires, les clochards, les pauvres et les riches, les vieux et les caniches, les punks, les Arabes, les Noirs, les homos. Son truc, c’est de réveiller le beauf, la bête qui sommeille au fond de tout un chacun, puis de laisser le chacun en question se débrouiller avec ça, l’assumer, l’explorer ou l’enfouir. Dit comme ça, c’est abstrait. Il faut aller faire un tour sur son site pour tester sa propre capacité à supporter l’humour bête et (très) méchant. La vidéo des «vacances» en Inde de Didier Super est un bon test. L’écoute de Y’en a des biens ou Bonne Blagueest aussi conseillée. Le danger, avec les fans du chanteur, c’est un peu le même qu’avec ceux de Rémi Gaillard, le vidéaste loufoque de Montpellier : quand ils en parlent, ils finissent toujours par mimer les sketches et réciter les pires réparties, à la grande consternation de leurs interlocuteurs.

Mais comment fait Super pour taper si fort en dessous de la ceinture sans jamais subir les foudres de la censure – sauf celle d’Universal, qui a truffé son dernier album, Ben quoi ? de bips ? Bizarrement, aucun député UMP n’a soulevé le lièvre Super. Que font Christian Vanneste, Lionnel Luca et Frédéric Lefebvre ? C’en est presque vexant, Orelsan a connu la gloire pour moins que ça. Hypothèse : le public de Didier Super adhère entièrement, les autres n’en ont même pas entendu parler. Question : Super est-il son personnage ? Un Sacha Baron Cohen à la française, invisible à force de s’effacer derrière Borat ou Brüno ? Dans la vraie vie, Olivier Haudegond ne porte pas de lunettes en cul de bouteille rafistolées avec du scotch, ni de sous-pull en jersey qui laisse dépasser un bide à bière. Il n’a pas non plus les dents en avant, ni un phrasé du «chnord» à couper au couteau. Accent léger, teint halé, regard clair et droit, l’humour en embuscade, il pourrait presque être beau gosse en laid-back chti. Olivier Haudegond, originaire de Douai (Nord), a commencé il y a quinze ans, avec son ami Fabrice Wolbaeck, par des spectacles en BMX. Les Têtes de vainqueurs, au slogan absurde : «Le risque c’est leur métier, et leur métier c’est leur boulot.» «Le théâtre de rue est un endroit qui n’est pas encore trop pollué par la réussite et le succès», explique-t-il.

Plutôt que chanteur, Olivier Haudegond se définit comme artiste. «Surtout pas vedette. La vedette est au service de l’industrie.» Ce qu’il aime le plus, c’est l’improvisation – qu’il sait très bien feindre -, les publics sur le fil du rasoir dans les MJC pourries ou les bistrots. «C’est bien quand ça devient un match de tennis. Malheureusement, il y a de jeunes spectateurs qui se prennent une bonne cuite en pensant s’abaisser ainsi à mon niveau. Mais ils ne sont pas assez souples.» Il se régale quand il peut se moquer des handicapés présents dans la salle : «Il n’y a qu’eux qui osent rire.»

Super se fait rarement agresser : «Une fois, une fille est montée sur scène pour me taper en criant que j’étais méchant», s’esclaffe-t-il. Il manie l’ironie comme un sabre. Un jour, des skinheads ont profité de son concert pour distribuer des tracts contre le jumelage de leur village avec une commune togolaise. Il les a remerciés de manifester contre la dictature au Togo.

De l’impro, Haudegond-Super a gardé un art assez fin de l’esquive, ou du retournement de question façon aïkido. Démonstration : quelles limites se fixe-t-il dans l’humour ? «Je ne touche pas trop à la télévision ni à la politique, trop pauvre et trop facile.» Ses passages dans les grands médias ont tourné à un réjouissant fiasco : France Inter et France O l’ont appris à leurs dépens. Universal l’a délivré de son contrat en apprenant qu’il n’y aurait pas de DVD de son spectacle. Il a mis son dernier album en ligne gratuitement mais la major n’a rien osé dire.

Le problème de Didier Super se situe plus dans l’adhésion limite inquiétante de fans qui voient en lui un gourou. Pour calmer ceux «qui viennent écouter les tubes», il a conçu un spectacle, entièrement inédit, un «concert sans musique» où les spectateurs sont assis. Pour continuer à surprendre, choquer, déstabiliser, il s’oblige à «courir devant». Surtout, il opère un distinguo radical entre Olivier et Didier : «Didier Super est un personnage. Il suffit que je me mette à parler normalement pour que les gens comprennent.» Et quand on lui demande un autographe, il sort un tampon rouge «Pour toi». Il déteste la soudaine familiarité depuis qu’il jouit d’une petite notoriété. Sa hantise ? Devenir celui qui donne son avis sur tout et finit généralement par dire n’importe quoi.

Olivier n’a pas envie de s’étaler sur son background familial et personnel. Ce qu’on respecte, parce que l’enjeu n’en vaut pas la chandelle et parce que, rarement, on a vu quelqu’un se prêter aussi peu au vedettariat. Tout juste concède-t-il être arrivé au théâtre par «l’échec», après un emploi jeune de professeur de chant. Il a été à l’école chez les curés et a abandonné une formation de commercial, s’est installé dans la Drôme et avoue avoir voté à gauche en 2007, pour «la conne» plutôt que «le nazi», pour paraphraser sa chanson le Nouveau Président. Nazi ? Dans la reprise à la fin de sa chanson, il remplace l’épithète par «le fan de Johnny». Sans regret pour Ségolène : «Elle est trop conne.» Quand on lui fait remarquer, qu’à l’ère du politiquement correct, il aurait plus eu sa place à la rédaction de Hara-Kiri, il répond en substance que ce n’est pas l’époque qui a changé, c’est le courage qui manque…

En ce moment, il prend ses premières vacances après une décennie à tourner non-stop avec trois disques et quatre spectacles. Mais cet hyperactif - «je suis marié avec mon boulot» - prépare une rentrée à tout casser avec une BD et une comédie musicale. Le Théâtre du Rond-Point s’est désisté, ça se fera finalement à la Bellevilloise. C’est plus petit et c’est moins cher. Super ! Disons, tant mieux.

Photo Mathieu Zazzo

 

 

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Bonhomie lisse

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VENDREDI, 12 OCTOBRE, 2007

Didier Super, Théâtre du Temple, du mardi au samedi à 21 h 40.

Didier Super est un affreux. Il chante horriblement faux des horreurs inqualifiables, sur des musiquettes idiotes. Comme disait Télérama à propos de son premier opus, « c’est le plus mauvais disque du monde et de tous les temps ». Il a les mollets nus, le tee-shirt trop court relevé sur des abdos antimusclés, d’énormes lunettes, une tignasse ébouriffée, et il aime beaucoup prendre l’air débile. Et il est remarquablement gênant. On n’est pas familier, par ici, du mauvais goût. Si, bien sûr, on l’accepte de la télévision, après tout, le Mailllon faible était un sommet du genre, et la grossièreté de nombre d’animateurs fait partie du paysage, sans parler de la téléréalité et autres. Non, on n’est pas familier de la grossièreté, même si les clips d’un certain rap sont aveuglants de mépris, même si certains comiques en font leur fond de commerce, à chacun de compléter la liste.

Mais le mauvais goût de Didier Super saisit. Ah. Parce qu’il s’en prend à tout ce qui est politiquement correct. Tout. Avec une niaiserie entraînante, une bonhomie lisse, parfaitement perturbantes. Il ne fait pas dans le message, il ânonne avec persévérance ce qu’il est interdit aujourd’hui de dire. Et on rit. De soulagement. Un rire qui se coince par moments, un rire qui se suspend, sur fond de stupéfaction. Il ose ? Oui, il ose. On a connu Coluche, on a connu Desproges, qui étaient tous deux parfois médusants, deux façons d’être des dérangeurs, tout comme aux États-Unis il y eut Lenny Bruce (on se rappelle le film, avec un Dustin Hoffmann formidable, dans tous les sens du terme). Didier Super leur est apparenté, mais il a choisi le registre de l’idiotie, de la rengaine squelettique, du quinzième degré et demi, pour mieux pulvériser nos petits tabous consensuels (quel mot dégoûtant !), sans rien nous donner pour nous consoler, ou nous permettre de récupérer une bonne conscience. Il attaque à froid les vieux, les pauvres (« Y en a marre des pauvres, y font aucun effort pour devenir riches… c’est facile de se plaindre quand on sait qu’on est la majorité »), les handicapés (« Dis-moi, Didier Super, quand est-ce qu’il y aura assez d’handicapés pour remplir leurs places de parking, qui pour l’instant restent toujours vides ? ») les jeunes, les homosexuels (« Mais y en a des bien », bis), les femmes, on en passe, tout ce qui fait l’objet aujourd’hui d’une obligation de respect, il dynamite la fameuse sentimentalité qui dégouline partout, et qui n’entre jamais en contradiction avec les causes réelles de ce qui est choquant, mais se contente de les déplorer. Il est redoutable. Toujours dans l’excès froid. Toujours à dépasser la limite, avec flegme, sur ses ritournelles nulles. Et toujours à surveiller son public, qu’il tutoie avec allant, et avec accent du Nord bien souligné (après tout, c’est normal, il est de Douai). Ledit public est d’ailleurs étonnant. Plutôt jeune, dominante libertaire, prêt à intervenir, à commenter, en somme fort peu porté à la passivité, et refusant le statut honni de fan. C’est par Internet que Didier Super s’est fait connaître, et le côté alternatif, hors circuit, est sensible. Didier Super est impeccablement à la hauteur. Il est capable d’affronter les erreurs techniques, micro fichu, lumières erratiques, etc., sans faiblir, capable de sortir chercher de l’eau, capable aussi bien de lancer la bouteille au spectateur qui la lui demande, capable de rester sur le plateau à attendre les questions, capable enfin de mettre en boîte le public, plus ou moins méchamment, qui tape stupidement dans ses mains à l’évocation des escadrons de la mort ? Combien rient bêtement à une blague, qui est de Palmade ? Il paraît que certains disquaires ont refusé de vendre son disque, intitulé fortement Vaut mieux en rire que s’en foutre, ce qui est, mine de rien, une vraie déclaration (chez V 2). C’est vrai qu’il est choquant. Grossier. Parfois atroce. Humour noir, racisme ordinaire, pédophilie ordinaire, on ne sait pas bien sur quel pied danser, ça tombe bien, il ne s’agit pas de danser, mais de faire jouer les obsessions du temps, de les dérouler en toute logique, ou d’en taquiner l’interdiction, en d’autres termes, il est pleinement irrécupérable, Didier Super.

Et c’est peut-être bien là l’essentiel. Le malaise qu’il suscite, d’autant plus net qu’on rit franchement, c’est sans doute celui que crée notre monde, cette indifférence pleurnicheuse qui s’étale à la télévision, cette folie qui accepte de raconter indéfiniment les viols et meurtres et mises à mort des humains, entre deux pubs, entre deux jeux. On se retrouve comme à nu, dans la position du spectateur prêt à applaudir l’insupportable, une histoire de bruit et de fureur, dite par un idiot qui refuse de chanter joli, et c’est inconfortable, et c’est réjouissant, et c’est décapant.

d’Évelyne Pieiller

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Libération-
             GILLES RENAULT 

CRITIQUE

Lors des sélections du dernier prix Constantin, qui distingue depuis trois ans la jeune scène française, Didier Super avait mis en joie Julien Clerc, président du jury. Mais cela ne suffit pas pour lui permettre d’atteindre la consécration. Qu’à cela ne tienne, il en faudrait d’avantage pour abattre le bougre, adepte de l’art brut, tel qu’on peut en imaginer la transcription avec une guitare, un micro et aussi un stylo pour gribouiller des paroles. Du style «Arrête de t’la péter, arrête de t’la péter/Parce que ton mec y roule en BM/Arrête de t’la péter/Arrête de t’la péter/Le jour où il te largue tu reprendras le bus…» (Arrête de te la péter). Ou : «Jésus-Christ… Toi qui t’es tapé une pute y’a quelques années/Est-ce que pour faire plaisir au pape, t’es chiche d’y retourner sans capote ?» (le Club des catholiques).

Pièges à taupe. Prolongation de Coluche, Renaud, Reiser et Jean-Luc Le Ténia (médiathécaire manceau et «meilleur chanteur français du monde», qui gravite dans la mouvance Wampas), Didier Super est à la fois du lard et du cochon. Moitié bouffon, moitié sniper. Capable de sentences aussi définitives que : «Un artiste aujourd’hui c’est une gonzesse qu’on laisse chanter à la télé parce qu’elle est bonne», «Aime les cons, et tu t’aimeras toi-même» ou «Arrête d’aller voir ta grand-mère pour qu’elle te donne des sous et tu verras qu’elle t’en donnera encore plus.» Ce qui ne lui interdit pas d’avancer masqué, derrière ses grosses lunettes : sous des airs frustes, c’est bien par les techniques de communication moderne qu’il a posé ses premiers pièges à taupe, sur didiersuper.com. Et Canal + lui ouvre désormais ses portes.

Question musique, on ne va pas nier pour autant que les choses se compliquent un peu. Généreusement qualifié de «plus mauvais disque du monde et de tous les temps» par notre confrère Télérama (qui n’a donc pas écouté le flic toulousain José Porco !), Vaut mieux en rire que s’en foutre est sorti au printemps dernier. De fait, l’album – vingt-sept minutes trente, en tirant à la ligne – n’a pas grand-chose à voir avec Play Blessure ou la Mort d’Orion. Cela ne lui interdit pas, à ses manières (torve, criarde, galeuse, effrontée, méchante, régressive, nihiliste, farfelue, insane…) de faire sens : à une époque où l’industrie du disque, aux abois, rend les contrats et mise sur le court terme d’une variété exsangue, pourquoi ne pas accorder un minimum de considération à ce rock de gueux ­ guitare, synthé, voix, sonnerie du téléphone : tout merde ­, taclant à hauteur du genou à peu près tous ce qui croise son chemin dichotomique (vieux/jeune, riche/pauvre, grand/petit…)?

Poil à gratter. Prolo de la six cordes, les poches remplies de poil à gratter, Didier Super est né Olivier Haudegond, en 1973, dans le nord de la France, où il réside toujours (Douai), tout en rêvant du soleil de la Drôme. De sa vie, sans femme ni enfant, on connaît des bribes : professionnel du BMX, vélo tout terrain avec lequel il virevolte, il anime une troupe de théâtre de rue, les Têtes de vainqueurs, mêlant cascades et sketchs. Point commun : la chute. Rentré par effraction dans la musique, Didier Super a d’abord conçu des maquettes, que des potes ont fait circuler dans des tremplins régionaux. Pour rire. C’est malin !

RENAULT Gilles

Didier Super En concert à la Maroquinerie, 23 rue Boyer, Paris XXe, tel. 0140333505 . Ce soir à à 20 heures. Et en tournée dans toute la France. CD: «Vaut mieux en rire que s’en foutre», Chronowax.

Quelques autres trucs :

 

LE CREUSOT : Didier Super ou l’art de manier le second degré … ou pas

Ils étaient près de 500 à l’Alto pour apprécier l’humour décalé ou corrosif de Didier qui nous ment même sur son nom de scène car il faut l’avouer, il faut chercher où se trouve le SUPER … 

Pourtant tout avait bien commencé avec du Pierre Bachelet pour attendre le début du concert ; « Pour moi c’est sûr, elle est d’ailleurs » et la célèbre « Emmanuelle » avaient de quoi laisser penser à une soirée agréable. La bande-annonce du concert mettait en garde de ne pas filmer le spectacle « pour qu’il ne se retrouve pas sur YouTube » et invitait le public à dénoncer toute personne qui le ferait « en ce moment, c’est bien vu de dénoncer »… Du deuxième voire du troisième degré, soit.
Puis vint le clou du spectacle … enfin de ce que j’ai pu voir.
« Il est où celui qui casse les couilles à prendre toujours des photos dans les concerts? »  Et comme le message d’introduction était bien passé, la délation a tourné à plein et on a désigné du doigt le « pauvre » photographe que j’étais. « Viens te montrer, tu vas pas casser les couilles longtemps ». Ne me laissant pas démonter et maniant moi-même plutôt bien le second degré, je réponds au brave clown (pardon artiste, les clowns ont du talent eux) que je ne lui casserai que 10 minutes les couilles et que je n’ai pas que cela à faire. « Tu auras pas 10 minutes, juste 1″ me répond-il affable. « J’en prendrai 2 et n’en parlons plus » lui proposais-je, conciliant. « Ouais, 2 minutes mais c’est parce que t’es gros » !!!!
Le « casse-couilles » passe encore même si sans le casse-couilles de photographe et correspondant de presse que je suis, son spectacle ne serait pas annoncé, ni couvert et relaté. Bref passons ! Mais le gentil « gros » pour finir, faut pas exagérer !!!
L’impulsif que j’étais il n’y a pas si longtemps lui aurait retourné une insanité au visage. Mais cela aurait été une trop grande marque de respect pour quelqu’un qui manifestement n’en a pas. Et surtout fidèle à ma citation favorite « Je ne réponds pas aux cons, ça les instruit », j’ai préféré, et je pense avoir bien fait, ne pas répondre à cette provocation pleine de bassesse.
Moi qui était venu pour consacrer 30 minutes à ce « Super » spectacle, je décidais alors de retourner mes talons et de prendre la direction de la sortie. Avec dans ma besace quelques photos pour relater que cet artiste (?) a un public de fans plutôt nombreux ou ne serait-ce alors que des curieux profitant d’une animation gratuite des « Beaux Bagages-Un été au Creusot » et désireux de découvrir qui était Didier Super.
C’est donc 10 minutes top chrono du spectacle que je peux relater ; et dans ces 10 minutes, j’en ai accordé encore 9 de trop à ce comique. Vous avez vu, moi aussi, je peux manier l’humour et passer pour un « Gros » con ou mieux un « Super » con !!!!
Et sur le chemin de la sortie, ce dernier m’a lancé un petit « Tu diras bien dans ton article que c’était un spectacle corrosif ». Le « Gros qui casse les couilles » ne lui fera pas cet honneur, ce serait donner de la valeur à un spectacle qui en est dénué. Enfin pour les 10 minutes auxquelles j’ai eu l’honneur d’assister pour vous le relater, chers internautes.
Et je suis certainement injuste car il est peut-être très bien son spectacle, il faut juste ne pas inviter les « Gros casse-couilles qui prennent des photos » et qui font, à leurs dépends, la promotion de ces artistes qui ne méritent pas un spectateur comme moi qui suis un béotien.
Vous l’aurez compris Didier Super a un concurrent au niveau de la Super Connerie ; et Oui, Nicolas Akchiche peut aussi concourir au titre de Super CON !! Et si je me souviens bien, dans le message introductif au spectacle qui évoquait les cons qui payaient pour assister au spectacle, il s’avère que je suis bien un sacré CON pour payer avec mes impôts ce genre de spectacle. Donc oui, messieurs les programmateurs d’un Été au Creusot, pour l’année 2016, je vous propose mes services GRACIEUSEMENT, pas avec un cachet que mérite tout artiste, car moi je ne suis qu’un « Gros » con, je ne suis pas un artiste mais j’excelle dans la CONNERIE! Et comme j’aime ma ville du Creusot, je ne lui demanderai aucun cachet, la CULTURE doit être accessible à tous non? C’est certainement dans cette approche que l’on a choisi au Creusot de rendre gratuits tous les spectacles de l’Été. Mais que l’on ne se trompe pas, une bonne partie des 500 spectateurs sont venus parce que c’était gratuit ; proposons une entrée à 5 euros pour un spectacle de Didier Super et un autre de Patrick Sébastien et on verra bien où le public sera le plus nombreux.
Au final, merci Monsieur Didier Super pour cette mise en lumière que tu m’as offerte ce dimanche soir car grâce à toi je profite de cet article pour rappeler à ma mère que j’adore plus que tout qu’elle a mis au monde un « Gros qui casse les couilles ». Et même si parfois, elle m’envoie quelques piques qui sont au final plutôt gentillettes, elle est certainement en-dessous de la réalité, son fils est un SUPER connard !!!

Nicolas AKCHICHE 
ou vous l’aurez compris le « Gros casse-couilles » du spectacle de ce dimanche. 

 

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1 200 spectateurs sont venus applaudir Didier Super

Spay  - rDidier Super, charmeur et provocateur... face à un public venu nombreux.
  • Didier Super, charmeur et provocateur… face à un public venu nombreux. | 

Dès l’arrivée dans le bourg, il était possible de deviner que cette soirée des Pic-Nic Show serait un gros succès. Les voitures stationnaient sur tous les parkings, le long de la route, dans le domaine du Houssay. Bref, Didier Super a fait carton plein.

Et, au bout du compte, cela est parfaitement justifié. Olivier Haudegond, c’est son vrai nom, a à peine 40 ans. Ce natif de Douai (Nord) est fier de ses origines, puisqu’il n’hésite pas à en jouer dans sa façon de parler. Son côté anar, provocateur est dans la veine des Reiser, Coluche ou autres Jean Yanne. Au-delà des outrances finalement calibrées, chacun retrouve une bonne dose d’humanisme, de joie de vivre.

Son pastiche de comédie musicale, à la mode en ce moment, possède un sérieux fil conducteur, que le spectateur va percevoir au fur et à mesure du spectacle. Après un terrible accident, Didier Super a perdu sa haine légendaire, et comme il est connu pour tacler les pauvres, les handicapés, les curés, les cons, les homos, cela ouvre une mauvaise perspective pour lui, le chômage technique…

Au cours du spectacle l’artiste part donc à la recherche de cette haine à la fois vicieuse et généreuse. Et pour y parvenir, tout est bon. Afin de déconstruire d’entrée de jeu cette comédie musicale, Didier Super retrouve le vélo, qu’il a pratiqué, en BMX, lors de ses spectacles de rue. Toute la soirée va être marquée de rebondissements multiples, comme par exemple la présence, taille XXL de son ours d’enfance. Ce dernier lui rappellera ses confidences au creux du lit.

Le public a adopté sans difficultés le comédien nordiste, qui a su créer une véritable soirée de fête au domaine du Houssay. Même si Fabrice Gervaise, organisateur des Pic-Nic Show a rappelé que « cette édition était la dernière. Nous perdons trop d’argent à chaque édition ». L’organisateur estime notamment ne pas être suffisamment soutenu par les collectivités.

Une réunion est prévue le 14 septembre prochain pour tenter de trouver des solutions.

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Didier Super s’est fait chopper par des Kanak

Publié le 

J’ai mis un petit temps au début pour comprendre l’humour de Didier Super et je sais que je n’ai pas été le seul dans ce cas mais depuis son passage sur le Caillou je crois que tout le monde ou presque est unanime: Didier Super est un fou vivant qui nous fait oublier notre quotidien. L’artiste a cartonné en Nouvelle-Calédonie les salles de spectacles ou il s’est produit étaient combles, il a été tout simplement bien reçu par le Pays.

Entre deux concerts sur le caillou, didier s’est offert une petite promenade à Canala. Malheureusement, sur place il croise une joyeuse bande encore furieux de ses precedentes frasques… Je vous laisse apprécier le ton de cette nouvelle vidéo publiée ci-dessus et je remercie encore une fois Didier Super pour ce grain de folie qu’il nous apporte. Nul doute que s’il revient, je retournerai l’applaudir car difficile de passer à coté de tout çà après ce que nous avons vécu avec lui. Un artiste de plus a rejoint ce jour mon flux RSS en tout cas ! Bonne route…

FrancoFolies – Mononc’ Serge, Didier Super, Mathieu Boogaerts et les 10 ans de C4

12 juin 2011 15h56 |Philippe PapineauMusique
Grosse soirée, samedi, aux FrancoFolies de Montréal. C’est en salle que notre parcours s’est déroulé, avec un début comique, une fin baignée de rock et une courte incartade dans la délicatesse.

Au Club Soda, le public a eu droit à un combo tout à fait harmonieux, avec Didier Super et Mononc’ Serge. De la basse voltige, quoi. Les amis français avaient émis leurs avertissements: Didier Super, c’est du cru de grand cru. Et ils avaient raison. Habillé comme un enfant attardé, chandail beige trop court, grosses lunettes, guitare enrubannée avec la roulette encore accrochée, Super pouvait tout dire. Un peu de musique, pour la forme, beaucoup de gags, de déconne sans tabous. Des malaises, vous dites? Le bonhomme teste nos limites, nos zones de confort. Tout y est passé: les handicapés, les Noirs, les Arabes, les Juifs, les déviants sexuels… Mais c’est fait avec tellement de dérision que tout passe et qu’on finit par se questionner soi-même sur nos limites, notre tolérance.

Après lui, Mononc’ Serge était en grande forme, et ses fans aussi. Car c’était pour lui que le public du Club Soda était là. Presque chaque mot, chaque punch, chaque refrain étaient repris en chœur par la foule, poing en l’air. Seul sur scène avec sa guitare, le chanteur a profité de sa liberté, ajoutant une pièce ici, stoppant là. C’était du grand Mononc’.